La sieste de Lucie

Histoire illustrée 01

Une femme, une salle de musée et une sieste prise un peu trop au sérieux…

La sieste de Lucie, peinture représentant Lucie avec son carré rouge, ses lunettes blanches et son haut jaune à pois noirs, entourée de spirales jaunes sur fond noir

La sieste de Lucie, 2026

Acrylique sur toile

20,3 × 25,4 cm (8 × 10 pouces)

Œuvre originale de Ranjâni

Lucie déteste la grisaille. Pour elle, la vie est bien trop courte pour s’habiller en beige. Ce jour-là, elle a sorti le grand jeu : son carré rouge vif, un haut jaune à pois noirs et d’immenses lunettes de soleil aux verres parfaitement opaques.

Seul problème : ses nouvelles chaussures lui font un mal de chien.

Pour échapper à la pluie et reposer ses pieds quelques minutes, elle entre dans un musée d’art contemporain. Tout au fond, elle découvre une salle silencieuse, entièrement couverte de spirales jaunes et noires. Au centre, un banc vide l’attend. Parfait.

Lucie s’assoit, soulagée. Derrière ses lunettes, personne ne peut voir ses yeux. Elle les ferme un instant… et s’endort presque aussitôt.

Immobile au milieu des motifs, elle ne tarde pas à attirer l’attention. Sa tenue se fond si bien dans le décor qu’un visiteur s’arrête, intrigué, puis la photographie. Bientôt, un petit groupe s’est formé autour d’elle pour admirer cette étrange « sculpture vivante ».

Quelques minutes plus tard, Lucie ouvre les yeux, s’étire tranquillement et se lève.

Persuadés que la performance vient de se terminer, les visiteurs applaudissent. Un homme s’approche, visiblement impressionné :

— Excusez-moi, madame… comment s’appelle cette performance ?

Lucie remet soigneusement sa frange rouge en place.

— Une sieste.

Puis elle s’en va.


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Lucie’s Nap

Lucie hates dullness. For her, life is far too short to dress in beige. That day, she has pulled out all the stops: her bright red bob, a yellow top with black polka dots and enormous sunglasses with perfectly opaque lenses.

There is just one problem: her new shoes are killing her feet.

To escape the rain and rest her feet for a few minutes, she enters a contemporary art museum. At the far end, she discovers a silent room covered entirely in yellow and black spirals. In the centre, an empty bench awaits her. Perfect.

Lucie sits down, relieved. Behind her sunglasses, nobody can see her eyes. She closes them for a moment… and falls asleep almost immediately.

Sitting motionless among the patterns, she soon attracts attention. Her outfit blends so perfectly into the surroundings that a visitor stops, intrigued, and takes her photograph. Soon, a small group has gathered around her to admire this strange “living sculpture.”

A few minutes later, Lucie opens her eyes, stretches calmly and gets up.

Convinced that the performance has just ended, the visitors applaud. A man approaches her, visibly impressed:

“Excuse me, madame… what is this performance called?”

Lucie carefully puts her red fringe back in place.

“A nap.”

Then she walks away.

Dans mon carnet

Le premier dessin de Lucie et la nouvelle recopiée à la main dans mon carnet, le 5 septembre 2026.

Double page du carnet de Madame Curieuse avec un dessin de Lucie à gauche et la nouvelle manuscrite en français à droite

Dessin et texte manuscrit dans le carnet de Madame Curieuse.

Note de l’autrice

Le personnage de Lucie et son univers visuel sont librement inspirés de la vie, de la personnalité et de l’œuvre de Yayoi Kusama.