Vidéo · Histoire de l’art · 31 octobre 2026

Pourquoi si peu de sourires dans les portraits d’autrefois ?

Un peu d’histoire de l’art, avec mes croquis de la Joconde et d’Henri VIII. Derrière les visages sérieux, une histoire de poses, de sourires et de codes sociaux.

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A little art history, with my own sketches of the Mona Lisa and Henry VIII. Behind those serious faces lies a story of portrait sittings, smiles and social conventions.

Transcription française

Aujourd’hui, on sourit sur presque toutes les photos. Alors, pourquoi est-ce qu’on voit si peu de sourires dans les portraits d’autrefois ?

Prenez la Joconde, par exemple. Elle est célèbre pour son sourire mystérieux, mais elle garde les lèvres fermées.

Et voici Henri VIII, le roi d’Angleterre. Lui, il ne sourit pas du tout !

En fait, il y a plusieurs raisons. D’abord, les séances de pose étaient longues, et un sourire naturel était difficile à garder. Il y avait aussi les dents : avec les soins dentaires rudimentaires de l’époque, certains pouvaient préférer ne pas les montrer.

Mais c’était surtout une question de codes sociaux. De la Renaissance au XVIIIᵉ siècle, dans la haute société, on valorisait la retenue et la maîtrise de soi. Même dans la vie quotidienne, un grand sourire montrant les dents pouvait être mal vu. Ça pouvait rappeler les bouffons, les ivrognes ou les gens peu sérieux. Alors, dans les portraits officiels, les peintres privilégiaient une expression calme et digne.

Bien sûr, ça ne veut pas dire qu’on ne riait jamais ! Dans les scènes de fête, on voit des gens rire à pleines dents.

Puis, au XVIIIᵉ siècle, les choses changent peu à peu. Élisabeth Vigée Le Brun, la portraitiste de Marie-Antoinette, se peint avec sa fille. Elle sourit, et on voit ses dents. Quand le tableau est exposé en 1787, certains trouvent cela choquant !

Ces visages sérieux ne veulent donc pas forcément dire que les gens étaient tristes. Ils nous montrent surtout les codes de leur époque.

Quant à ma Joconde, elle sourit un peu plus… Je crois que je souriais tellement en la dessinant que ça se voit !

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English translation

Today, we smile in almost every photo. So why do we see so few smiles in portraits from the past?

Take the Mona Lisa, for example. She is famous for her mysterious smile, but she keeps her lips closed.

And here is Henry VIII, the King of England. He isn’t smiling at all!

Actually, there are several reasons. First, the portrait sittings were long, and a natural smile was difficult to maintain. There was also the question of teeth: with the rudimentary dental care available at the time, some people may have preferred not to show them.

But above all, it was a matter of social conventions. From the Renaissance to the eighteenth century, restraint and self-control were valued in high society. Even in everyday life, a broad smile showing your teeth could be frowned upon. It could remind people of jesters, drunkards or frivolous people. So, in formal portraits, painters favoured a calm, dignified expression.

Of course, that doesn’t mean people never laughed! In festive scenes, we see people laughing with their teeth on show.

Then, in the eighteenth century, things gradually begin to change. Élisabeth Vigée Le Brun, Marie Antoinette’s portrait painter, paints herself with her daughter. She is smiling, and her teeth are visible. When the painting is exhibited in 1787, some people find it shocking!

So these serious faces don’t necessarily mean that people were sad. Above all, they show us the conventions of their time.

As for my Mona Lisa, she smiles a little more… I think I was smiling so much while drawing her that it shows!

Œuvres présentées / Featured artworks

  • Léonard de Vinci — La Joconde — Musée du Louvre, Paris.
  • Atelier de Hans Holbein le Jeune — Henri VIII — Walker Art Gallery, Liverpool.
  • Hans Holbein le Jeune — Les Ambassadeurs, 1533 — National Gallery, Londres.
  • Judith Leyster — Le Joyeux Buveur, 1629 — Rijksmuseum, Amsterdam.
  • Frans Hals — Merrymakers at Shrovetide — The Metropolitan Museum of Art, New York.
  • Élisabeth Vigée Le Brun — Autoportrait avec sa fille Julie, 1786, exposé au Salon de 1787 — Musée du Louvre, Paris.

Croquis personnels / Personal sketches : Madame Curieuse.

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